Les mères-courages des oasis marocaines
Aux confins du désert d'où les hommes émigrent pour chercher du travail au Nord du Maroc et en Europe, les femmes restées au pays ont pris en main l'agriculture et l'avenir des oasis.
C'est entre les monts sévères de l'Anti-Atlas et les premières dunes du Sahara : l'oasis de Tata, une petite ville proprette de quelque sept mille habitants, centre d'une province de 26 000 km2, l'équivalent de quatre départements français, aux douars (comprenez hameaux) dispersés, accrochés à la moindre trace d'eau. Des villages presque entièrement peuplés, hormis quelques anciens, de femmes et d'enfants. Les hommes sont partis chercher du travail ailleurs, dans les régions plus riches du Maroc fertiles et touristiques, et plus loin en Europe.
Selon l'estimation de Moulay Mehdi Lhabibi, maire de Tata, le revenu des oasis est assuré à 60 % par les mandats envoyés par les émigrés, saisonniers ou définitifs. L'avancée progressive du désert se combine avec une épidémie non encore enrayée : le bayoud, maladie du palmier-dattier, la principale richesse marchande du pays. En un siècle, le bayoud a réduit la palmeraie marocaine de 14 à moins de 5 millions d'arbres.
Mais si l'on prend le problème dans l'autre sens, cela signifie que cette région ne se laisse pourtant pas abattre, et qu'elle assure encore 40 % de son économie. Et ceci, grâce aux femmes. Ce sont elles qui gèrent la production agricole des oasis et lui cherchent des compléments de revenus, notamment dans l'artisanat textile et la vannerie. Elles développent aussi leur organisation associative : les groupements féminins se sont multipliés en quelques années, ils assurent l'organisation du travail, les garderies des enfants, l'alphabétisation, parfois la scolarisation et la veille sanitaire.
Une agriculture raisonnée
L'agriculture oasienne est une agriculture très sophistiquée. Les oasis ne sont pas des dons de la nature, mais des créations humaines. C'est au VIIIe siècle que les conquérants arabes ont apporté les techniques d'irrigation des anciens empires du Moyen-Orient. Un réseau d'aqueducs souterrains, les khettaras, va collecter l'eau des petites sources parfois très loin – ces distances pouvant dépasser 20 kilomètres– pour la concentrer dans une dépression de terrain préalablement repérée.
L'irrigation est ensuite méticuleusement répartie entre des parcelles très petites, d’un demi-hectare à un hectare maximum. Mais chaque parcelle a, si l'on peut dire, trois étages : en haut, les palmiers-dattiers, qui, outre leurs fruits, protègent de leur ombre ; à mi-hauteur les arbres fruitiers – les agrumes, essentiellement -, au sol, le maraîchage et les productions marchandes, le henné, le safran, et surtout la luzerne. Car dans ces régions, chaque famille, même urbaine, élève au moins une chèvre pour la consommation familiale de lait. De plus, la traction animale y reste localement présente en ville. Entre irrigation et chaleur, la luzerne assure jusqu'à cinq récoltes par an. Et Tata s'anime d'un marché aux fourrages très actif.
L'agriculture des oasis est en quelque sorte un modèle d'agriculture raisonnée et durable.
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Moins d'effet de serre? Nature Capitale choisit Diester, le biodiesel vert

La Galerie ‘Houard’ : l’art du bonheur, l’art de l’émotion
La Galerie ‘Catherine Houard’, située au 15, rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, a reçu en avant-première Nature Capitale. Les dessins de Nature Capitale, accompagnés de fragments de l’œuvre, ont été exposés dans ce bel espace de partage artistique inauguré il y a huit mois. Le futur de cette plateforme d’échange est plus que prometteur…Catherine Houard, fondatrice de la galerie qui porte son nom, a chaleureusement accueilli l’équipe de Résonance. Passionnée d'art, passionnée de la vie, créatrice du concept des ventes privées, les Espaces Catherine Max ,Catherine a partagé avec nous sa vocation personnelle d’amener l’art près de tous et son ressenti de Nature Capitale.
L’exposition des dessins de Nature Capitale est née d’une coïncidence, d’un heureux hasard de la vie qui a fait que Gad Weil, créateur de l’œuvre végétale qui a ravi près de deux millions de personnes, a rencontré Catherine Houard. « Gad Weil m’a expliqué tout son travail de création dans la rue, cet art totalement libre qui fédère tout le monde », nous dit Catherine, « il m’a touché par le rêve qu’il l'a conduit à réaliser ce sublime projet sur les Champs-Elysées, sa générosité de vouloir offrir à tous la possibilité d'accéder en toute simplicité à l'art ». Et la rencontre entre deux passionnés a donné ses fruits…Catherine a proposé d'organiser le lancement du projet Nature Capitale dans sa galerie.
Eleveur ovin et fier de l’être !
Passionné très tôt par l’élevage de moutons, Jean-François Dubaud s’est installé dans cette production à 21 ans. Les difficultés chroniques que traverse la filière ne sont pas prêtes d’entamer la motivation de l’éleveur déterminé à s’investir.
Il faut admettre que la filière ovine pour la production de viande n’installe plus beaucoup de jeunes. Les crises successives associées à une baisse chronique de la consommation de mouton ont gravement entamé les effectifs du cheptel français.
Néanmoins, malgré les difficultés, certains jeunes passionnés continuent de croire à la fameuse reconquête de la production et surtout à son intérêt pour le dynamisme de nombreux territoires. Jean-François Dubaud, jeune éleveur à La Bazeuge, en Haute-Vienne, est de ceux-là. A seulement 25 ans, il a déjà quatre ans d’expérience en élevage spécialisé ovin viande.
« Je me suis installé en janvier 2005 avec un troupeau de 110 brebis, explique- t-il. Les 52 ha que compte l’exploitation appartiennent pour moitié à son grand-père. J’ai effectué mes années de collège dans un établissement de la banlieue de Limoges. Quand je disais à mes copains que je voulais être éleveur de mouton, la plupart me prenaient pour un fou. Ils avaient une vision très moyenâgeuse du métier d’agriculteur. »
Après un BEP et un Bac Pro, il obtient un BTS en production animale. Il reprend ensuite les 25 ha de terres familiales et 27 autres hectares de deux petites structures voisines.
S’installant hors du cadre familial, il a préféré démarrer doucement, en tant que pluriactif. « Je ne voulais pas prendre trop de risques. Pendant les premiers mois de mon activité, j’étais par ailleurs salarié deux jours par semaine sur une exploitation d’élevage de chevaux. »
Progressivement, il a augmenté la taille de son cheptel. Ce dernier compte aujourd’hui 550 têtes.
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