Les pépiniéristes feront vivre Nature Capitale
Vincent Naudet,
PDG des Pépinières Naudet et Président du Syndicat National des Pépiniéristes Forestiers (SNPF) Quel a été votre travail pour fournir les plants qui composeront l'oeuvre végétale qui sera au coeur de Nature Capitale ? Nous avons été contactés en décembre 2008. La grande qualité de ce projet est qu'il présente toutes les facettes de la forêt et de la filière forêt-bois française. Pour chaque type de forêt (continentale, méditerranéenne, atlantique et de montagne), des essences types ont été choisies par Laurence Médioni (créatrice plasticienne de l’œuvre sur les Champs Elysées) afin de composer le plateau forestier. Nous avons mis en musique ces choix stratégiques ! Nous avons sollicité au sein du SNPF tous les producteurs capables de mettre en culture les plants qui seront installés à Paris. Quatre pépinières se sont portées volontaires. Les plants seront réceptionnés pendant la dernière semaine d'avril sur une plateforme que nous mettrons en place à Planchez-en-Morvan, afin de reproduire le scénario végétal de l'événement et de centraliser l'ensemble des plants pour en faciliter l'acheminement jusqu'à Paris. Quel est votre sentiment sur l'événement ? C'est un très beau projet qui va vraiment au bout des choses : les arbres qui vont composer le plateau forestier auront toute une vie après l’événement chez les particuliers, les entreprises ou les collectivités qui achèteront les fragments de l'oeuvre. L'événement sera l'occasion de montrer au grand public que la forêt évolue : on part des jeunes plants pour arriver aux grands arbres, en passant par les baliveaux... Et Nature Capitale permettra de mettre en lumière toute la dimension économique de l'espace forestier. Comment les pépiniéristes travaillent-ils sur la forêt de demain ? Les pépiniéristes sont capables d'apporter une vraie valeur ajoutée en matière de diversité génétique. Les chercheurs français de l’Institut National Agronomique ont travaillé pendant des dizaines d'années sur des variétés forestières améliorées qui sont aujourd'hui sur le marché, et qui ont une base génétique bien plus large que celle des peuplements qui se régénèrent naturellement. Prenons l'exemple du Douglas : les plantations qui sont aujourd'hui à maturité et qui sont capables de se régénérer ont plus de 60 ans. La plupart du temps on ne connaît pas les origines qui ont été introduites, on ne connaît pas la provenance. Dans ces conditions, la régénération naturelle peut apporter une grande fragilité aux peuplements résultants ! Alors que dans le cas des variétés forestières améliorées, on connaît exactement l'origine des vergers à graines sur lesquels les graines sont récoltées, on connaît le nombre de génotypes qui les composent ainsi que toutes leurs caractéristiques génétiques... Nous apportons un vrai « plus » en termes de variété, de performance et de résistance en travaillant sur des variétés plus plastiques. Nous devons fournir aux propriétaires les plants dont ils auront besoin pour résister le mieux possible aux effets du changement climatique. Il faut augmenter la base génétique en forêt pour qu'elle soit plus robuste et ainsi exploitable par les générations futures ! Mesurez-vous déjà des effets du changement climatique sur les forêts ? La production a évolué. Alors que le chêne pédonculé avait une place importante il y a une dizaine d'années, il est depuis quelque temps remplacé par le chêne rouvre, une essence plus adaptée, qui tolère des climats plus secs et supporte des sols moins profonds que le chêne pédonculé. Progressivement, la production s'est orientée vers le chêne rouvre au détriment du chêne pédonculé. Autre exemple : le hêtre. Essence majeure de reboisement il y a dix ou quinze ans, il est tombé aujourd'hui à des niveaux de plantation très bas, car on sait que le changement climatique pourrait entraîner une modification importante dans l’aire de présence de cette essence. Pourriez-vous définir la notion de biodiversité ? Il ne faut pas mélanger biodiversité et diversité. Quand on a une culture en place, qu'il s'agisse d'un feuillu ou d'un résineux, elle a une diversité génétique propre, qui peut être très variable selon l'essence. La biodiversité présente en forêt correspond en fait au fonctionnement de l’écosystème. Elle intègre non seulement les arbres mais aussi toute la faune et la flore associées. La présence de plusieurs essences différentes est un facteur important de biodiversité. On préserve cette biodiversité car elle est garante d’une bonne résistance du peuplement, du fait qu'il sera moins sensible au changement climatique. Si l'on a une seule essence et qu'un accident se produit, on met en péril l'existence même de la forêt. La biodiversité permet aux arbres de mieux résister aux différents stress qu'ils subissent. Bien sûr, les forestiers prennent garde d’utiliser dans leurs reboisements les essences et les provenances qui sont adaptées aux conditions écologiques locales. Cela fait partie des bases du référentiel de certification de la gestion forestière durable PEFC : plus de 5,1 millions d’hectares de la forêt française sont certifiées PEFC et les bois qui en sont issus sont ainsi garantis provenant d’une forêt gérée durablement. Les pépinières qui participent au projet
Le plateau forestier en chiffres Il est constitué :
Les plants ont été produits suivant les techniques classiques des pépinières forestières, et élevés hors-sol sur un mélange de tourbe et d'écorce. 152 009 plants composent le plateau forestier de Nature Capitale. Les pépiniéristes ont fourni :
Quelques essences très répandues en France Chêne Chêne pédonculé, chêne rouvre (ou sessile), chêne pubescent... Le chêne couvre 40% de nos forêts. Au-delà de sa fonction symbolique (Saint-Louis rendait justice sous un chêne, les druides gaulois y récoltaient le gui, etc...) le chêne est utilisé en menuiserie extérieure et intérieure, pour la fabrication de tonneaux ainsi que dans l'ameublement. Douglas Originaire d'Amérique du Nord, le Douglas a été introduit en France à la fin du XIXe siècle, où il s'est bien acclimaté. Il peut atteindre une hauteur de 35 à 50 mètres. Son écorce, fissurée, est marron rougeâtre, ses aiguilles, vert foncé au dessus, bleu-blanc en dessous, sont plates. Ses caractéristiques mécaniques et sa résistance naturelle en font un bois apprécié pour la construction. Epicea L'épicea peut atteindre 35 à 40 mètres de hauteur. Son écorce à écailles est brun-rougeâtre, ses aiguilles vert foncé ; ses fruits, les cônes, sont pendants (alors qu’ils sont dressés chez le sapin). On l'utilise pour les charpentes, en menuiserie intérieure, pour la réalisation de poutres lamellées-collées... Hêtre Deuxième essence de feuillus française, le hêtre couvre 10% de nos forêts. Il peut atteindre une hauteur de 40 mètres. Son écorce, lisse, est gris clair. Ses feuilles sont vert foncé au dessus, plus claires en dessous. Leur bord est ondulé. On l'utilise surtout en menuiserie intérieure et dans l'ameublement. Pin maritime Très répandu sur la côte atlantique, en particulier dans le Sud-ouest, le pin maritime peut atteindre 20 à 30 mètres de hauteur. Il couvre plus de 10% de la surface forestière française. Son écorce, épaisse, est rouge-violet, et se fissure au fur et à mesure de sa croissance. Ses aiguilles, à la pointe piquante, peuvent mesurer jusqu'à 20 cm. On utilise le pin maritime en menuiserie et agencement, pour la papeterie et la fabrication de panneaux... Pin sylvestre Espèce de montagne et de plaine, le pin sylvestre est très présent dans les Vosges, le Massif Central et les Alpes du Sud, dans le Centre et en Normandie. Il peut atteindre une hauteur de 30 à 40 mètres. Son écorce, épaisse, est brun-rougeâtre. Ses aiguilles, bleu-vert, sont légèrement courbées. On l'utilise en menuiserie, dans l'ameublement, pour réaliser des parquets, des moulures, des charpentes, des bardages... Les métiers de la pépinière 4 métiers principaux :
Comment fonctionne une pépinière ? Les graines sont récoltées principalement en peuplements sélectionnés ou en vergers à graines. Les pépiniéristes achètent leurs graines aux marchands grainiers. Certaines graines ne nécessitent pas de traitement particulier, c'est le cas pour le chêne, le châtaignier, le pin... D'autres ont une dormance longue. Dans ce cas, le pépiniériste doit les préparer pour faciliter leur levée. Production de plants en racines nues Les semis (à la main ou au semoir) sont réalisés soit à l'automne (noyaux de fruitiers, samares, glands) soit au printemps (graines préparées, résineux, glands). Ceux destinés à être repiqués sont semés « en plein » ; ceux destinés à être vendus tels quels sont semés « en rayon ». Le repiquage en pépinière s'effectue à l'automne et au printemps pour les résineux et certains feuillus. Les semis sont alors âgés d'un ou deux ans. Production de plants en godets Le support de culture est adapté pour que les plants aient un système racinaire de qualité. On utilise des godets à parois ajourées ou à parois pleines. Ces pots sont remplis d'un mélange de tourbe et d’écorce appelé substrat. Les semis sont effectués au printemps ou à l'automne, manuellement ou mécaniquement. Généralement, le plant est utilisable en plantation dès l'automne suivant. Production de plants de peupliers Les peupliers sont cultivés à partir de boutures pendant 2 ans, formant des pieds mères. Ils sont ensuite élagués puis coupés et fournis en plançons. L'évolution des plantations en France Dans les années 1960-1970, il se plantait entre 300 et 600 millions de plants par an. Dans les années 1990, le nombre des plants a chuté à 100 millions, mais ce chiffre est à nuancer car il s'agissait d'une diminution de la densité de plantation, ce qui ne se traduisait pas forcément par une diminution aussi importante au niveau des surfaces. En 2008-2009, le nombre de plants a été divisé par 4 et est tombé à 25 millions non compris les plants de pins maritimes (35 millions). A titre de comparaison, l'Allemagne plante 300 millions de plants par an et la Pologne 1 milliard ! En France, depuis les terribles tempêtes de décembre 1999, la régénération des forêts se fait beaucoup à partir des graines des arbres en place : on parle de régénération naturelle. Le SNPF SNPF : Pépiniéristes Forestiers Français Fédération Nationale du Bois - 6 rue François 1er - 75008 Paris Tél. 0156 695 200 - Fax 0156 695 209 - Vincent Naudet, Président, Michel Lemonnier, Vice-Président Site web et contact : www.pepiniereforestiere.fr L'association, de type loi 1901, regroupe les pépiniéristes français producteurs de plants forestiers en racines nues ou en mottes forestières. Elle compte également des populiculteurs (producteurs de peupliers de rapport) dans ses membres. La pépinière forestière en France rassemble 150 pépinières. 25 sont présentes au sein de l'association. Elles représentent près de 80% de la production française de plants forestiers (60 millions en 2008-2009). Vendredi 30 Avril 2010
France Bois Forêt
Lu 1345 fois
|
Nature Capitale Du rêve à la réalité
bien-être
Champs-Elysées
diversité
duo
dynamisme
découverte
engagement
espace urbain
essaimeur
essences
fragments
inspiration
jardin agricole
jardin forestier
lancement
le 21 mars
New York
passion
printemps
public
repos
rêve
sensibilité
sites de production
terre
terroir
théorème du libre arbitre
échanges
éclats
Nature Capitale De l'interpellation aux enjeux
agriculture
alimentation
art
avenir
bio
biodiversité
bois
climat
curiosité
défis
déforestation
développement durable
eau
environnement
espèces
initiatives
menaces
messages
nature
planète
prise de conscience
recyclage des déchets
richesse
réchauffement climatique
sobriété énergétique
territoire
écosystèmes
émissions
énergie
énergies renouvelables
Espace Presse
|
Moins d'effet de serre? Nature Capitale choisit Diester, le biodiesel vert
La Galerie ‘Houard’ : l’art du bonheur, l’art de l’émotionLa Galerie ‘Catherine Houard’, située au 15, rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, a reçu en avant-première Nature Capitale. Les dessins de Nature Capitale, accompagnés de fragments de l’œuvre, ont été exposés dans ce bel espace de partage artistique inauguré il y a huit mois. Le futur de cette plateforme d’échange est plus que prometteur…Catherine Houard, fondatrice de la galerie qui porte son nom, a chaleureusement accueilli l’équipe de Résonance. Passionnée d'art, passionnée de la vie, créatrice du concept des ventes privées, les Espaces Catherine Max ,Catherine a partagé avec nous sa vocation personnelle d’amener l’art près de tous et son ressenti de Nature Capitale.
L’exposition des dessins de Nature Capitale est née d’une coïncidence, d’un heureux hasard de la vie qui a fait que Gad Weil, créateur de l’œuvre végétale qui a ravi près de deux millions de personnes, a rencontré Catherine Houard. « Gad Weil m’a expliqué tout son travail de création dans la rue, cet art totalement libre qui fédère tout le monde », nous dit Catherine, « il m’a touché par le rêve qu’il l'a conduit à réaliser ce sublime projet sur les Champs-Elysées, sa générosité de vouloir offrir à tous la possibilité d'accéder en toute simplicité à l'art ». Et la rencontre entre deux passionnés a donné ses fruits…Catherine a proposé d'organiser le lancement du projet Nature Capitale dans sa galerie.
Acteur de son territoire
Eleveur ovin et fier de l’être !Passionné très tôt par l’élevage de moutons, Jean-François Dubaud s’est installé dans cette production à 21 ans. Les difficultés chroniques que traverse la filière ne sont pas prêtes d’entamer la motivation de l’éleveur déterminé à s’investir.
Il faut admettre que la filière ovine pour la production de viande n’installe plus beaucoup de jeunes. Les crises successives associées à une baisse chronique de la consommation de mouton ont gravement entamé les effectifs du cheptel français.
Néanmoins, malgré les difficultés, certains jeunes passionnés continuent de croire à la fameuse reconquête de la production et surtout à son intérêt pour le dynamisme de nombreux territoires. Jean-François Dubaud, jeune éleveur à La Bazeuge, en Haute-Vienne, est de ceux-là. A seulement 25 ans, il a déjà quatre ans d’expérience en élevage spécialisé ovin viande. « Je me suis installé en janvier 2005 avec un troupeau de 110 brebis, explique- t-il. Les 52 ha que compte l’exploitation appartiennent pour moitié à son grand-père. J’ai effectué mes années de collège dans un établissement de la banlieue de Limoges. Quand je disais à mes copains que je voulais être éleveur de mouton, la plupart me prenaient pour un fou. Ils avaient une vision très moyenâgeuse du métier d’agriculteur. » Après un BEP et un Bac Pro, il obtient un BTS en production animale. Il reprend ensuite les 25 ha de terres familiales et 27 autres hectares de deux petites structures voisines. S’installant hors du cadre familial, il a préféré démarrer doucement, en tant que pluriactif. « Je ne voulais pas prendre trop de risques. Pendant les premiers mois de mon activité, j’étais par ailleurs salarié deux jours par semaine sur une exploitation d’élevage de chevaux. » Progressivement, il a augmenté la taille de son cheptel. Ce dernier compte aujourd’hui 550 têtes.
Inscription à la newsletter
![]() Chaque semaine, suivez l’actualité de Nature Capitale sur Ushuaia.com et retrouvez toute l'actualité de la planète sur Ushuaia.com, Ushuaïa TV et Ushuaïa magazine. |
|
© 2010 Nature Capitale
Création et mise en scène, Gad weil Scénographie et dessins originaux, Laurence Médioni |
||




















