Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Retraitement des déchets : Des lombrics pleins d’avenir

Pour conjuguer sa passion pour l’agriculture et son intérêt pour le recyclage des déchets, Vincent Desbois a créé une station de lombricompostage. Il élève et commercialise des vers composteurs et propose du compost à base de fumier de cheval.



Sur près de deux hectares, Vincent Desbois produit 150 tonnes de lombricompost à base de fumier de cheval
Sur près de deux hectares, Vincent Desbois produit 150 tonnes de lombricompost à base de fumier de cheval
A quelques centimètres de la surface du tas, ils sont là, grouillant par milliers. « Il y en a environ 10 000 au mètre carré. » Installé à Cabries, dans les Bouches-du-Rhône, Vincent Desbois élève des vers composteurs et produit du lombricompost, une filière très confidentielle puisqu’ils ne sont qu’une dizaine en France à s’être lancée sur ce créneau. Ingénieur agroalimentaire de formation, Vincent est passionné par l’agriculture, mais aussi par la thématique de la gestion des déchets. «En me renseignant sur la lombriculture et le lombricompostage, j’ai constaté qu’il s’agissait de productions peu répandues en France, mais qui correspondaient bien à mon idée de travailler sur le retraitement des déchets organiques. » Le candidat à l’installation est d’autant plus intéressé par le lombricompostage qu’il présente d’autres avantages majeurs. A commencer par une valorisation économique intéressante. « Outre la commercialisation d’un compost normé, la récupération de déchets est rémunérée ».

5 000 m³ de fumier recyclé

« Très pailleux et donc assez léger, le fumier de cheval constitue un bon support d’élevage de lombrics. » Vincent présente son projet aux responsables du centre d’entraînement des chevaux de courses de Marseille, implanté sur 100 ha à Cabries. Hébergeant 800 chevaux de course, le centre hippique est un gros consommateur de paille – il fait venir un camion tous les deux jours – et doit se débarrasser chaque année de 25 000 m³ de fumier. Pour faciliter son installation, Vincent obtient un compromis avec le centre : en échange d’une parcelle mise à disposition gratuitement, le jeune agriculteur reprend sans frais une partie du fumier produit par la structure. Il démarre son activité en 2003 et investit dans le matériel nécessaire. Sur un peu moins de deux hectares, Vincent recycle 5 000 m³ de fumier, soit 1 000 tonnes. Il le recycle en compost normé et l’utilise pour la production de vers.
Au terme d’un processus de deux ans, les lombrics réduisent 10 kg de fumier de cheval en 1 kg
Au terme d’un processus de deux ans, les lombrics réduisent 10 kg de fumier de cheval en 1 kg

L’élevage de vers va de pair avec le recyclage du fumier. En conditions optimales d’humidité et de température, la population de vers double en seulement trois mois. « Un ver composteur a une durée de vie moyenne de deux ans et peut engendrer 250 descendants par an. » Grâce à ses 3 000 m² de litière où des millions de vers s’activent à recycler les matières organiques, Vincent commercialise 1,5 tonne de lombrics composteurs auprès de particuliers souhaitant recycler eux-mêmes leurs déchets ménagers, mais essentiellement auprès de grossistes. Quant au lombricompost, il est tamisé et conditionné en big bag de 500 ou 1 000 kg, ou en sacs de 20 kg. Chaque année, il en commercialise un total de 100 tonnes. « Le lombricompost est un amendement organique très riche en flore intestinale de vers intéressante pour les plantes. »
L’agriculteur utilise et élève deux espèces particulières de lombrics, des vers rouges ou tigrés jaunes
L’agriculteur utilise et élève deux espèces particulières de lombrics, des vers rouges ou tigrés jaunes

Avec une expérience de six ans, Vincent valorise ses compétences en recyclage des déchets organiques et offre ses services aux entreprises et aux collectivités désireuses de recycler elles-mêmes leurs déchets. «Une commune m’a sollicité pour mettre en place une unité de lombricompostage permettant de recycler les déchets de la cantine scolaire. »
Selon les demandes, Vincent fournit des solutions clés en main, en proposant le matériel adapté à la quantité de déchets, les lombrics dans leur substrat ainsi que la formation du personnel. Il va par ailleurs à la rencontre des enfants en école primaire pour les sensibiliser. « C’est toujours très enrichissant d’expliquer aux jeunes l’importance du recyclage des déchets, et que des lombrics peuvent y contribuer.» Soucieux d’informer le public le plus large possible, Vincent donne, depuis septembre 2008, des cours à des étudiants en Master « Biodiversité et écologie continentale ». Entre sa production, ses activités auprès des entreprises et collectivités, et ses actions de sensibilisation et de formation, son emploi du temps est bien chargé. Pour développer l’activité de recyclage industriel, il compte prendre un ou deux stagiaires en alternance.

Autant dire que les lombrics ont un bel avenir devant eux.

Mercredi 31 Mars 2010
Jeunes Agriculteurs
Lu 1896 fois


Moins d'effet de serre? Nature Capitale choisit Diester, le biodiesel vert


La Galerie ‘Houard’ : l’art du bonheur, l’art de l’émotion

La Galerie ‘Catherine Houard’, située au 15, rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, a reçu en avant-première Nature Capitale. Les dessins de Nature Capitale, accompagnés de fragments de l’œuvre, ont été exposés dans ce bel espace de partage artistique inauguré il y a huit mois. Le futur de cette plateforme d’échange est plus que prometteur…Catherine Houard, fondatrice de la galerie qui porte son nom, a chaleureusement accueilli l’équipe de Résonance. Passionnée d'art, passionnée de la vie, créatrice du concept des ventes privées, les Espaces Catherine Max ,Catherine a partagé avec nous sa vocation personnelle d’amener l’art près de tous et son ressenti de Nature Capitale.

La Galerie ‘Houard’ : l’art du bonheur, l’art de l’émotion
L’exposition des dessins de Nature Capitale est née d’une coïncidence, d’un heureux hasard de la vie qui a fait que Gad Weil, créateur de l’œuvre végétale qui a ravi près de deux millions de personnes, a rencontré Catherine Houard. « Gad Weil m’a expliqué tout son travail de création dans la rue, cet art totalement libre qui fédère tout le monde », nous dit Catherine, « il m’a touché par le rêve qu’il l'a conduit à réaliser ce sublime projet sur les Champs-Elysées, sa générosité de vouloir offrir à tous la possibilité d'accéder en toute simplicité à l'art ». Et la rencontre entre deux passionnés a donné ses fruits…Catherine a proposé d'organiser le lancement du projet Nature Capitale dans sa galerie.


Acteur de son territoire

Eleveur ovin et fier de l’être !

Passionné très tôt par l’élevage de moutons, Jean-François Dubaud s’est installé dans cette production à 21 ans. Les difficultés chroniques que traverse la filière ne sont pas prêtes d’entamer la motivation de l’éleveur déterminé à s’investir.

Eleveur ovin et fier de l’être !
Il faut admettre que la filière ovine pour la production de viande n’installe plus beaucoup de jeunes. Les crises successives associées à une baisse chronique de la consommation de mouton ont gravement entamé les effectifs du cheptel français.
Néanmoins, malgré les difficultés, certains jeunes passionnés continuent de croire à la fameuse reconquête de la production et surtout à son intérêt pour le dynamisme de nombreux territoires. Jean-François Dubaud, jeune éleveur à La Bazeuge, en Haute-Vienne, est de ceux-là. A seulement 25 ans, il a déjà quatre ans d’expérience en élevage spécialisé ovin viande.

« Je me suis installé en janvier 2005 avec un troupeau de 110 brebis, explique- t-il. Les 52 ha que compte l’exploitation appartiennent pour moitié à son grand-père. J’ai effectué mes années de collège dans un établissement de la banlieue de Limoges. Quand je disais à mes copains que je voulais être éleveur de mouton, la plupart me prenaient pour un fou. Ils avaient une vision très moyenâgeuse du métier d’agriculteur. »
Après un BEP et un Bac Pro, il obtient un BTS en production animale. Il reprend ensuite les 25 ha de terres familiales et 27 autres hectares de deux petites structures voisines.
S’installant hors du cadre familial, il a préféré démarrer doucement, en tant que pluriactif. « Je ne voulais pas prendre trop de risques. Pendant les premiers mois de mon activité, j’étais par ailleurs salarié deux jours par semaine sur une exploitation d’élevage de chevaux. »

Progressivement, il a augmenté la taille de son cheptel. Ce dernier compte aujourd’hui 550 têtes.


Inscription à la newsletter





Chaque semaine, suivez l’actualité de Nature Capitale sur Ushuaia.com et retrouvez toute l'actualité de la planète sur Ushuaia.com, Ushuaïa TV et Ushuaïa magazine.