Scientifiques cherchent sentinelles de la nature
Un projet original fait appel à Monsieur Tout-Le-Monde pour suivre nationalement les effectifs des papillons, puis sans doute, d'autres pans du vivant.
Mesurer la biodiversité d’un pays, et surtout son évolution, pose d’inextricables problèmes. Il est relativement facile, en effet, de mesurer le climat : température, pluviométrie, vents... peuvent être enregistrés par des instruments bon marché, faciles à disséminer sur tout le territoire. Pour la pollution de l’air ou de l’eau, c’est à peu près la même chose, même si pour certaines substances l’affaire devient coûteuse. Mais avec le vivant, c’est un autre problème : il faut compter et recompter des organismes, souvent petits, difficiles à reconnaître et ce, sur l’ensemble du territoire national…Où une institution scientifique pourrait-elle trouver les effectifs colossaux nécessaires à cette tâche herculéenne ?
La science participative
Le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, en partenariat avec l’association Noéconservation, pourrait bien avoir trouvé la réponse à cette question. Auprès de qui ? Du grand public. Avec pour seule contrepartie la satisfaction de contribuer à la compréhension de la nature. Utopique ? L’avenir le dira, puisque le projet doit durer des décennies. Mais pour l’instant, cela fonctionne même si le projet débute. Depuis trois ans, en effet, le Museum a lancé un projet d’Observatoire des papillons qui est un remarquable exemple de science participative. Le principe est très simple : des particuliers, tous volontaires, comptent périodiquement les papillons qu’ils observent dans leur jardin, et notent leurs résultats… avant de les envoyer aux scientifiques du Muséum. A charge pour ceux-ci de les dépouiller, de les publier et de les interpréter. Le bilan au bout de trois ans est très encourageant. En 2008, pas moins de 3600 participants ont envoyé régulièrement leurs comptages, qui ont totalisé sur l’année la bagatelle de 142 000 papillons ! Encourageant, mais il faut faire mieux. Pour vraiment couvrir le territoire, toutes les bonnes volontés ne seront pas de trop. Particulièrement chez les paysans, tant il est vrai qu’hélas les urbains sont pour l’instant plus facilement séduits par ce genre d’opération que les ruraux.
Mais n’est-ce pas trop compliqué, trop technique pour Monsieur Tout-le-Monde ? Pas du tout. On peut télécharger sur Internet les fiches descriptives des 28 espèces de papillons suivies par l’Observatoire, et se familiariser rapidement, notamment grâce aux grandes photos, avec leur apparence. Il suffit ensuite, si possible au moins une fois par mois, de compter les papillons de son jardin et de cocher les bonnes cases dans le formulaire de déclaration, avant de le saisir par Internet. Un jeu d’enfant ! Mais dont les résultats donneront aux scientifiques les moyens de connaître, sur ces insectes passionnants et très visibles, les effets de la météo, de la pollution, des changements de paysages ou de pratiques agricoles… Car pour l’instant, les seuls comptages dont disposent les biologistes sont ceux effectués sur les oiseaux pour les ornithologues, dont on se doute qu’ils ne représentent pas forcément bien ce qui arrive à l’ensemble du vivant.
Un outil particulièrement précieux, donc, qui sert déjà à faire tourner les ordinateurs du Muséum. Tellement précieux qu’il sera cette année étendu aux escargots, un autre domaine du vivant qui intrigue les biologistes et sur lequel ils manquent cruellement d’informations. On se prend à rêver, à partir de ces premières opérations, d’une nature qui serait étroitement surveillée par ceux qui la côtoient, dont les atteintes pourraient être immédiatement détectées et démocratiquement analysées, et à laquelle on pourrait ainsi éviter tout dommage irréversible… Un projet où les agriculteurs, principaux usagers directs de cette nature, seraient au premier rang. Utopique ? Peut-être. Mais ce sont les utopies qui font avancer le monde.
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Moins d'effet de serre? Nature Capitale choisit Diester, le biodiesel vert

La Galerie ‘Houard’ : l’art du bonheur, l’art de l’émotion
La Galerie ‘Catherine Houard’, située au 15, rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, a reçu en avant-première Nature Capitale. Les dessins de Nature Capitale, accompagnés de fragments de l’œuvre, ont été exposés dans ce bel espace de partage artistique inauguré il y a huit mois. Le futur de cette plateforme d’échange est plus que prometteur…Catherine Houard, fondatrice de la galerie qui porte son nom, a chaleureusement accueilli l’équipe de Résonance. Passionnée d'art, passionnée de la vie, créatrice du concept des ventes privées, les Espaces Catherine Max ,Catherine a partagé avec nous sa vocation personnelle d’amener l’art près de tous et son ressenti de Nature Capitale.
L’exposition des dessins de Nature Capitale est née d’une coïncidence, d’un heureux hasard de la vie qui a fait que Gad Weil, créateur de l’œuvre végétale qui a ravi près de deux millions de personnes, a rencontré Catherine Houard. « Gad Weil m’a expliqué tout son travail de création dans la rue, cet art totalement libre qui fédère tout le monde », nous dit Catherine, « il m’a touché par le rêve qu’il l'a conduit à réaliser ce sublime projet sur les Champs-Elysées, sa générosité de vouloir offrir à tous la possibilité d'accéder en toute simplicité à l'art ». Et la rencontre entre deux passionnés a donné ses fruits…Catherine a proposé d'organiser le lancement du projet Nature Capitale dans sa galerie.
Eleveur ovin et fier de l’être !
Passionné très tôt par l’élevage de moutons, Jean-François Dubaud s’est installé dans cette production à 21 ans. Les difficultés chroniques que traverse la filière ne sont pas prêtes d’entamer la motivation de l’éleveur déterminé à s’investir.
Il faut admettre que la filière ovine pour la production de viande n’installe plus beaucoup de jeunes. Les crises successives associées à une baisse chronique de la consommation de mouton ont gravement entamé les effectifs du cheptel français.
Néanmoins, malgré les difficultés, certains jeunes passionnés continuent de croire à la fameuse reconquête de la production et surtout à son intérêt pour le dynamisme de nombreux territoires. Jean-François Dubaud, jeune éleveur à La Bazeuge, en Haute-Vienne, est de ceux-là. A seulement 25 ans, il a déjà quatre ans d’expérience en élevage spécialisé ovin viande.
« Je me suis installé en janvier 2005 avec un troupeau de 110 brebis, explique- t-il. Les 52 ha que compte l’exploitation appartiennent pour moitié à son grand-père. J’ai effectué mes années de collège dans un établissement de la banlieue de Limoges. Quand je disais à mes copains que je voulais être éleveur de mouton, la plupart me prenaient pour un fou. Ils avaient une vision très moyenâgeuse du métier d’agriculteur. »
Après un BEP et un Bac Pro, il obtient un BTS en production animale. Il reprend ensuite les 25 ha de terres familiales et 27 autres hectares de deux petites structures voisines.
S’installant hors du cadre familial, il a préféré démarrer doucement, en tant que pluriactif. « Je ne voulais pas prendre trop de risques. Pendant les premiers mois de mon activité, j’étais par ailleurs salarié deux jours par semaine sur une exploitation d’élevage de chevaux. »
Progressivement, il a augmenté la taille de son cheptel. Ce dernier compte aujourd’hui 550 têtes.
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